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Vous êtes concernés par la maladie ou le handicap,
le service Écoute - Conseil de l’OCH répond à vos questions.

Vous trouverez ci-dessous quelques exemples de questions et leurs réponses.

Si vous souhaitez poser une question, cliquez ici,

N'hésitez pas à nous appeler au 01 53 69 44 30

  • les lundi, mercredi, jeudi de 9h à 13h et de 14h à 18h,
  • le mardi de 14h à 18h
  • et le vendredi de 9h à 13h et de 14h à 17h.

  • Soizic : Mon handicap est physique, je contrôle mal mes gestes. Je ne supporte plus le regard des autres.

    Du fait de votre handicap visible, vous sentez se poser sur vous des regards qui vous pèsent parce que vous les ressentez peut-être comme curieux, voire gênés ou hostiles. J’imagine que vous auriez plutôt envie de regards qui vous accueillent dans toute votre personne.

    Le regard est une première forme de communication avec l’autre, ne plus être regardé serait une souffrance bien plus grande. Le regard véhicule un message pas forcément évident à décoder : pouvez-vous le voir comme une interrogation suscitée par l’inconnu ou la différence. C’est pourquoi j’ai envie de vous inviter à vous « faire connaitre » ! Lorsque ces regards sont ceux de personnes que vous côtoyez régulièrement, pouvez-vous trouver l’occasion de partager quelques mots pour créer un pont ? Et lorsque ces regards sont posés sur vous par des inconnus, pourriez-vous continuer de les surprendre par un sourire qui en invite un autre, en réponse ?

    Dans cette difficulté, vous n’êtes pas seul. Parmi ses missions, l’OCH a à cœur de témoigner que la valeur d’une personne ne dépend pas du regard des autres et que tous nous avons la même dignité quelle que soit notre situation. Votre message rejoint les témoignages que j’ai entendus de participants aux dernières journées des personnes handicapées moteurs. Ces journées d’échanges et de réflexion que l’OCH organise sont l’occasion pour les personnes de partager ce qu’elles vivent d’heureux et de difficile, de se sentir comprises, rejointes et de créer du lien. Alors pourquoi ne pas nous rejoindre ? La prochaine rencontre a lieu le 9 juin prochain.

  • Valentine : Je me sens dépressive, je pleure beaucoup. Comment être une bonne mère pour mon enfant de deux ans ?

    J’entends dans votre question que pleurer et se sentir dépressive serait un obstacle au fait d’être une bonne mère.

    Qu’est-ce qu’être une bonne mère justement ? N’est-ce pas aimer son enfant sans condition, le soigner et le chérir jour après jour, lui apporter ce qui vous semble être le meilleur possible pour sa croissance tant physique qu’intellectuelle et spirituelle ?

    Le fait que vous vous sentiez fragile n’est pas un frein au fait que vous puissiez être une bonne mère. La fatigue, les larmes, la lassitude font partie de toute vie, peut-être plus encore de celle d’une jeune maman car chacun sait combien s’occuper d’un enfant peut demander d’énergie.

    Pourquoi ne pas dire à votre enfant cette fatigue. Un tout petit capte beaucoup plus de choses que ce que l’on imagine et votre fille peut comprendre à travers vos mots un peu de ce qui se passe en vous.

    Il est important aussi que vous puissiez prendre du temps pour vous, pour vous détendre et vous ressourcer. Etre une bonne mère c’est aussi cela : prendre soin de soi pour être à même de prendre soin des autres de son mieux.

    Et dans ce soin envers vous-mêmes pourrait s’insérer un soutien par un professionnel. Votre état dépressif n’est pas à négliger sans pour autant vouloir dramatiser. N’hésitez pas à consulter.

    Les écoutantes de l’équipe Ecoute-Conseil de l’OCH sont là pour vous aider dans cette réflexion si vous le désirez. .

     

     

     

  • Germain : Mes amis s’inquiètent de me voir vivre seul. Ils souhaitent que j’aille en foyer. Je trouve difficile leur insistance. Mon handicap moteur ne m’empêche pas d’habiter dans un studio, je travaille aussi en ESAT.

    Avec des amis, nous devrions pouvoir partager nos joies, nos interrogations, nos difficultés dans une confiance mutuelle. Pouvez-vous aborder votre avenir, vos choix dans cet esprit de confiance ? Comprenez-vous d’où vient leur inquiétude ? Peur qu’il vous arrive quelque chose ? Peur que la solitude vous pèse ? Peur de ne pas pouvoir être assez présents pour vous ?

    Prenez le temps de les écouter, avec un cœur ouvert, confiant qu’ils veulent certainement le meilleur pour vous.

    Puis, expliquez-leur vos motivations, le chemin que vous avez fait pour être en studio, ce que cela vous apporte… Vous pouvez aussi transformer leur inquiétude en une question. Avez-vous des voisins bienveillants qui peuvent vous aider en cas de problème. En dehors de ces amis, quelles personnes connaissent votre situation ? L’ESAT s’inquièterait-il d’une absence non programmée signe que vous avez un problème ?

    Pouvez-vous par ailleurs faire le point de votre situation avec une personne extérieure à qui vous pourriez dire les joies et les difficultés que vous rencontrez afin que vous meniez les bons combats.

    Quel est le plus difficile à supporter dans cette situation ? L’insistance de vos amis avec l’impression qu’ils prennent le pouvoir sur vous, ou le sujet lui-même de la vie en studio autonome que vous ne souhaitez pas mettre en question ? Accueillez ce que vous ressentez et confiez-le à cette personne extérieure à votre groupe d’amis.

    Et si vous voulez montrer à vos amis l’intérêt que vous portez à leur inquiétude, faites-vous inviter par une amie de votre ESAT qui habite en foyer afin qu’elle vous explique le fonctionnement et que vous fassiez une toute petite expérience.

    Les amis peuvent soulever des questions. Prenez-les juste comme une invitation à réfléchir et n’ayez pas peur de penser différemment.

    La prochaine journée des personnes handicapées moteur aura lieu le vendredi 9 juin 2017

     

  • Pascale: Mes parents sont d’un grand soutien pour moi. Ils comprennent ma dépression. Je vis chez eux à Paris mais ils vieillissent. Je suis inquiète pour l’avenir.

    A travers ces quelques mots, vous dites vos besoins de soutien, de compréhension, de sécurité et d’amour. Quelles sont vos inquiétudes ? De vivre seule ? De ne plus avoir le regard de bienveillance de vos parents ? De ne pas vous sentir comprise ? De vous trouver devant des difficultés insurmontables ?  N’hésitez pas à rencontrer une personne de notre service « Ecoute-conseil » pour y voir plus clair. 

    Avez-vous déjà rencontré des personnes bienveillantes ? Connaissez-vous des lieux où vous vous sentez bien ? Il me semble important que vous puissiez faire des expériences en dehors du contexte familial où vous vous sentiriez bien accueillie. Ces expériences seront des appuis pour construire l’avenir.

    La famille est un lieu privilégié de soutien, il n’est pas le seul. Fréquenter un groupe d’entraide mutuel, une aumônerie, une paroisse met en lien…travaillez-vous ? N’attendez pas que vos parents disparaissent pour créer un réseau d’amitié. Paris est une grande ville, impersonnelle, mais qui offre la possibilité de se mettre en lien. Vous êtes invitée au café-rencontre de l’OCH par exemple. Il existe aussi des petites communautés accueillantes pour une soirée, un dimanche, un temps de ressourcement...

    Nous sommes invités à quitter nos parents pour répondre à notre vocation et à construire notre vie ce qui ne veut pas dire couper tous les liens avec nos parents. Je vous invite à être créative, à être pleinement vivante. L’OCH peut vous aider à construire ce chemin de vie.  

  • Samuel: Je suis kiné. Je suis désarmé par le besoin d’écoute de mes patients.

    Vous exercez un métier de soins, de soins manuels, de soins sur des personnes qui souffrent dans leur corps. Vous êtes au contact avec la personne dans une certaine part de son intimité. Il y a donc une confiance donnée d’emblée par celui qui vient vous voir. Et s’il vous fait confiance pour soulager les maux du corps, il est presque inévitable qu’il ressente aussi  de la confiance pour soulager les maux du coeur. Le lien entre les deux est réel.

    La personne humaine n’est pas que corps ou que cœur, elle est un tout. En accueillant chacun de vos patients vous leur offrez de fait cette possibilité d’expression. Montrer son corps vulnérable est une mise à nu physique qui peut simplifier le passage à la mise à nu du cœur. Peu de lieux permettent de déposer les souffrances, d’exprimer ce qui est dans le cœur.

    La souffrance, les soucis des uns et des autres n’intéressent pas vraiment. A moins d’être en présence d’une personne ouverte et compatissante ils font plutôt fuir ! Alors si cela ne vous perturbe pas dans votre travail de soin, acceptez d’être cette personne, accueillez ces flots de paroles comme ils vous sont offerts. Cela est déjà une grande source de bienfait pour celui qui les dit. Ne cherchez pas forcément à apporter des solutions, votre écoute sera déjà une première réponse bienfaisante. Si cela vous semble trop lourd à porter, pas ajusté, invitez la personne à se tourner vers un autre professionnel. Et n’hésitez pas non plus pour vous-mêmes à prendre conseil en téléphonant, par exemple, à l’équipe Ecoute-Conseil de l’OCH.

     

  • Ferdinand : J’ai 13 ans, je suis trisomique, j’aime beaucoup servir la messe. Est-ce que je pourrai devenir prêtre ?

    Quelle joie de te savoir engagé dans l’Eglise. Je me permets de te tutoyer car tu es très jeune. L'église a besoin de fidèles comme toi, qui la servent et qui par leur engagement aident l’ensemble de la communauté à prier. Servant de messe est un beau service. Depuis combien de temps l’es-tu ? Est-ce que sur ta paroisse, il y a une formation proposée pour tous les servants de messe avec une progression. Tu as encore beaucoup à apprendre avant de devenir prêtre. Dans ce service d'autel, tu vas comprendre la signification des gestes du prêtre et participer à la beauté de la liturgie. 

    Les prêtres ont répondu à un appel spécifique. Pour le devenir, ils ont fait des longues études et discerné (réfléchi) avec une personne formée. Est-ce que tu pourrais rencontrer une personne, un aumônier (prêtre, diacre, laïc) de manière régulière pour réfléchir à cette idée ?

    Tu me dis que tu es trisomique. Est-ce que tu sais ce que cela veut dire ? Est-ce que ton handicap peut te mettre en difficulté ? Peut-être que ces difficultés peuvent être un frein pour devenir prêtre. Le prêtre répond à une vocation particulière et difficile. Tu as des talents que tu peux continuer à mettre au service de l’Eglise. Garde dans ton cœur ta question, réponds à ta première vocation (aimer les autres et être aimer par les autres), demande à une personne de t’accompagner sur ton chemin de Foi, et continue à bien grandir tout en servant l’église. Elle a besoin de toi. Je prie pour toi, peux-tu prier pour l’OCH ?