Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Rémi : Ma femme est victime de TOC qui pourrissent la vie de famille, je n’en peux plus, comment continuer à l’aimer ?

    Cher Rémi,

    Quand l'épreuve est si quotidienne et si spéciale et que la vie conjugale et familiale en est perturbée, je comprends qu'on arrive à se poser des questions comme celle que vous me soumettez. Quand il est difficile de persévérer dans l'amour il est important de se rappeler que ce ne sont pas les résultats de nos actes qui ont de la valeur aux yeux de Dieu mais le degré d'amour qui les inspire. Peut-être qu'à certains moments vous n'en pouvez plus et c'est là que vous vous demandez comment continuer à aimer... Je me permets ce conseil : puisque vous voulez continuer d'aimer votre épouse et votre famille en prenant soin d'elles, n'oubliez pas de prendre soin de vous ! Si vous pouvez de temps à autre sortir quelques heures, si vous pouvez même vous absenter quelques jours, si vous pouvez vivre quelques instants de recueillement dans le silence d'une église, n'hésitez pas ! Ce ne sera ni une fuite, ni de l’égoïsme. Ce seront des moments nécessaires pour " recharger vos batteries". Vous en avez besoin pour tenir le coup.

     

     

  • Pierre : Mes frères sont atteints d’une maladie génétique, pas moi, je me sens si coupable.

    Cher Pierre,

    Je comprends que tu puisses te poser ce genre de questions et je vais te dire pourquoi. Tu ne dois pas te sentir coupable. Tu n'y es pour rien. C'est un grand mystère que celui du mal et de la maladie. Pourquoi atteignent-ils telle personne et pas telle autre ? La plupart du temps nous n'avons pas de réponse. La foi chrétienne n'apporte pas de réponse non plus mais elle nous donne de quoi garder confiance et de savoir comment nous comporter quand nous sommes confrontés à de telles épreuves et à de telles énigmes.

    Je me suis posé un jour ce genre de question mais sans me sentir coupable pour autant. Mon frère aîné et celui qui est né après moi sont morts tous les deux de la maladie de Charcot. Je sais, ce n'est pas une maladie génétique mais je me suis interrogé : " Pourquoi pas moi qui, par la naissance, me trouve entre les deux ? " Je n'ai pas trouvé de réponse mais j'ai repris mieux conscience que si je suis vivant et en bonne santé, j'ai à trouver ma joie en étant au service des autres et en comptant sur la grâce de Dieu puisque j'essaie de vivre en chrétien Tu peux réfléchir en ce sens-là et accepter avec réalisme et confiance ta situation tout en mettant tes dons, tes qualités au service de tes frères, de ta famille et de tous ceux que tu rencontres.

  • Bénédicte : J’ai été diagnostiquée avec une sclérose en plaque, j’ai peur de ma maladie, je crois que j’en veux à Dieu…

    Chère Bénédicte,

    C'est essentiel quand on connaît une grande secousse comme celle que vous vivez de ne pas rester seule. Avez-vous des personnes à qui vous confier ? Comme je comprends votre peur ! Il y a quelques années j'ai été en contact avec un malade qui a été très révolté quand il a appris sa maladie assez semblable à la vôtre. Cette révolte, bien compréhensible, a duré trois semaines puis progressivement il a retrouvé une certaine paix en avançant sur un chemin de confiance qui comprenait aussi de temps en temps des moments d'abattement. Il m'a dit à plusieurs reprises, en s'inspirant de Marie de Hennezel : " Si je ne peux pas ajouter des jours à ma vie, je veux essayer d'ajouter de la vie à mes jours." Petit à petit il y arrivait.

    Alors qu’auparavant il n'était pas particulièrement engagé dans une vie de foi chrétienne, il s'est mis à lire les évangiles. Il a aussi trouvé dans les psaumes des attitudes et des sentiments (y compris de révolte) qui correspondaient aux siens. Ça ne l'a pas guéri. Ça n'a pas supprimé sa souffrance mais il trouvait une certaine force intérieure et il savait profiter souvent de l’affection des siens et de ce qu'il y avait de beau dans sa vie. Peut-être en a-t-il aussi voulu à Dieu à certains moments. C'est une des premières réactions, peut-être inévitable, que de chercher un coupable quand une épreuve arrive.

    Personnellement je ne crois pas que Dieu décide d'envoyer de la souffrance à quelqu'un. Je ne crois pas à ce Dieu-là. Je crois de tout mon cœur en Dieu qui donne force, réconfort et espérance aux souffrants qui se tournent vers Lui. Beaucoup m'ont montré que ce n'est pas une illusion.