Père Gérard vous répond

Posez votre question à frère Marc

Vous trouverez ici des extraits de réponse à quelques questions qui ont été posées au Père Gérard.

"Père Gérard a eu d'importantes responsabilités pastorales dans plusieurs diocèses de France. Maintenant en "retraite active " il prêche des retraites spirituelles tout en étant souvent en service auprès de communautés de l'Arche et de Foi et Lumière." Merci.

Votre question pourra rejoindre d'autres internautes qui vivent une situation proche de la vôtre.

Par ce partage, ensemble nous grandissons dans la foi et l'espérance.

Si votre question ne relève pas de sa compétence, Père Gérard se réserve la possibilité de l'envoyer au service Écoute - Conseil de l'OCH qui prendra le relais.


  • Bénédicte : J’ai été diagnostiquée avec une sclérose en plaque, j’ai peur de ma maladie, je crois que j’en veux à Dieu…

    Chère Bénédicte,

    C'est essentiel quand on connaît une grande secousse comme celle que vous vivez de ne pas rester seule. Avez-vous des personnes à qui vous confier ? Comme je comprends votre peur ! Il y a quelques années j'ai été en contact avec un malade qui a été très révolté quand il a appris sa maladie assez semblable à la vôtre. Cette révolte, bien compréhensible, a duré trois semaines puis progressivement il a retrouvé une certaine paix en avançant sur un chemin de confiance qui comprenait aussi de temps en temps des moments d'abattement. Il m'a dit à plusieurs reprises, en s'inspirant de Marie de Hennezel : " Si je ne peux pas ajouter des jours à ma vie, je veux essayer d'ajouter de la vie à mes jours." Petit à petit il y arrivait.

    Alors qu’auparavant il n'était pas particulièrement engagé dans une vie de foi chrétienne, il s'est mis à lire les évangiles. Il a aussi trouvé dans les psaumes des attitudes et des sentiments (y compris de révolte) qui correspondaient aux siens. Ça ne l'a pas guéri. Ça n'a pas supprimé sa souffrance mais il trouvait une certaine force intérieure et il savait profiter souvent de l’affection des siens et de ce qu'il y avait de beau dans sa vie. Peut-être en a-t-il aussi voulu à Dieu à certains moments. C'est une des premières réactions, peut-être inévitable, que de chercher un coupable quand une épreuve arrive.

    Personnellement je ne crois pas que Dieu décide d'envoyer de la souffrance à quelqu'un. Je ne crois pas à ce Dieu-là. Je crois de tout mon cœur en Dieu qui donne force, réconfort et espérance aux souffrants qui se tournent vers Lui. Beaucoup m'ont montré que ce n'est pas une illusion.

     

  • Paul : Je suis schizophrène et je peux aimer et haïr en même temps, comment rester uni à Dieu ?

    Cher Paul,

    Puisque tu es chrétien, la première réflexion que je voudrais te partager est celle-ci: ce qui compte d'abord ce n’est pas de savoir si tu es uni à Dieu mais d'avoir la certitude que, quoiqu'il arrive, Dieu est uni à toi. Il connaît ton désir. Il sait que tu voudrais être uni à Lui toujours. Il connaît aussi combien tu es éprouvé par ta maladie. Même si parfois tu as des paroles ou des comportements qui ne vont pas dans le sens de l'amour, Dieu sait qu'au fond de toi tu ne les voudrais pas et qu'à cause de la schizophrénie il t'arrive d'aimer et de haïr en même temps.
    Peut-être que cette Parole de Dieu dans la première lettre de saint Jean peut t'aider : Si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur et il discerne tout. (1 Jean 3,20) Il discerne ton désir. Il voit que tu voudrais être uni à Lui et Il est toujours uni à toi. Profite bien de ce grand cadeau qu'est l'Eucharistie dans laquelle Jésus s'unit à nous, nous donne tout l'amour de son Père et agit en nous par son Saint Esprit. Garde confiance, Paul !


    Père Gérard

     

  • François, trisomique : Je suis triste quand je pense à ma maman qui est morte…

    Cher François,

    Je suis sûr que si tu es triste quand tu penses à ta maman c'est parce que tu l'aimais beaucoup et que tu savais qu'elle t'aimait beaucoup. Maintenant tu ne la vois plus et tu aimerais tellement lui parler, l'embrasser. Tu sais que ce n'est plus possible et tu es triste. Ma maman est morte il y a trente ans et après tant d'années il y a encore des moments où je voudrais lui raconter une belle chose que je vis ou lui partager un souci. Je suis triste parce que ce n'est plus possible. Mais je pense à elle et à Dieu et je comprends que je ne dois pas rester dans la tristesse. Notre maman quand elle est auprès de nous ou quand elle est morte veut que nous soyons heureux et Dieu aussi veut que nous soyons heureux. Peut-être que quand tu es triste en pensant à ta maman tu pourrais faire une prière à Jésus pour elle en disant merci pour tout ce qu'elle t'a donné. Ensuite tu continues de vivre et de sourire pour apporter du bonheur aux autres membres de ta famille et à tes amis. Tu peux aussi ne pas rester dans la tristesse en pensant que tous ceux qui ont cherché à aimer pendant leur vie sont dans l'amour éternel, sont vivants en Dieu. C'est le corps de ta maman qui est mort. Elle, par Jésus ressuscité, elle est vivante et unie à toi. Même si nous ne savons pas trop comment, nous croyons que nous nous retrouverons tous un jour dans l'amour de Dieu et pour toujours. Nous le croyons parce que Jésus nous l'a promis. La parole de Dieu le dit souvent, en particulier par saint Paul dans ses lettres.
    Père Gérard