Soignant pas écoutant ?

Samuel: Je suis kiné. Je suis désarmé par le besoin d’écoute de mes patients.

Vous exercez un métier de soins, de soins manuels, de soins sur des personnes qui souffrent dans leur corps. Vous êtes au contact avec la personne dans une certaine part de son intimité. Il y a donc une confiance donnée d’emblée par celui qui vient vous voir. Et s’il vous fait confiance pour soulager les maux du corps, il est presque inévitable qu’il ressente aussi  de la confiance pour soulager les maux du coeur. Le lien entre les deux est réel.

La personne humaine n’est pas que corps ou que cœur, elle est un tout. En accueillant chacun de vos patients vous leur offrez de fait cette possibilité d’expression. Montrer son corps vulnérable est une mise à nu physique qui peut simplifier le passage à la mise à nu du cœur. Peu de lieux permettent de déposer les souffrances, d’exprimer ce qui est dans le cœur.

La souffrance, les soucis des uns et des autres n’intéressent pas vraiment. A moins d’être en présence d’une personne ouverte et compatissante ils font plutôt fuir ! Alors si cela ne vous perturbe pas dans votre travail de soin, acceptez d’être cette personne, accueillez ces flots de paroles comme ils vous sont offerts. Cela est déjà une grande source de bienfait pour celui qui les dit. Ne cherchez pas forcément à apporter des solutions, votre écoute sera déjà une première réponse bienfaisante. Si cela vous semble trop lourd à porter, pas ajusté, invitez la personne à se tourner vers un autre professionnel. Et n’hésitez pas non plus pour vous-mêmes à prendre conseil en téléphonant, par exemple, à l’équipe Ecoute-Conseil de l’OCH.