Partager des nouvelles avec une amie dont les enfants sont handicapés

Virginie: Une amie a trois enfants dont deux sont handicapés. Ses enfants ont le même âge que les miens. Je suis mal à l’aise quand on partage des nouvelles. Ma vie semble tellement plus facile. Comment ne pas la blesser ?

La bienveillance et la délicatesse sont de belles qualités. Ne les perdez pas ! La fidélité dans une amitié est riche. Elle se construit dans la confiance et dans la vérité. Il me semble que ce ne serait pas juste que vous vous empêchiez de partager ce que vous vivez avec votre famille ou de dire votre joie dans le seul but de protéger votre amie. Votre amie pourrait même être blessée de sentir vos freins. Ne partager que vos soucis ne l’aidera pas à aller mieux. Mais partager ce qui vous réjouit, ce qui vous questionne, vos projets, vos « petites peines" est source de vie. C’est bien ce qu’on peut attendre d’une amie…qu’elle ose se dire.

Quand vous prenez des nouvelles, « ne tournez pas le fer dans la plaie », n'appuyez pas ou cela fait mal, mais demandez avec simplicité comment votre amie se porte.

Comment accueillez-vous les nouvelles de votre amie ? Lorsque nous sommes en contact avec des personnes en souffrance, notre difficulté à demander des nouvelles est parfois le signe de notre propre crainte face au handicap ou la peur d’être submergé par des émotions. En prendre conscience peut aider à les surpasser.

La vie de votre amie et la vôtre ne se réduisent pas à votre rôle de mère, vous êtes aussi épouse, femme, vivant dans une société, dans une communauté, dans une famille élargie… Pouvez-vous y puiser des sujets de discussion sans pour autant éviter ce qui vous anime au moment de la rencontre ?

Que ce malaise ne vous coupe pas de la relation, osez, accueillez avec simplicité ce que vous ressentez, écoutez ce qui se dit et faites confiance à cette belle amitié.