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Les personnes handicapées, facteur de dialogue interreligieux

« Depuis sa création, le Centre Notre Dame de la Paix est reconnu comme un exemple de dialogue interreligieux au Moyen-Orient. Il est devenu le plus grand facteur de motivation pour amener les chrétiens et les musulmans à travailler ensemble ». Quand on lit cette phrase sur le site du Patriarcat latin de Jérusalem, on s’attend à découvrir un lieu de dialogue interreligieux. Et bien non ! Il s’agit d’un centre qui accompagne et soigne gratuitement plus de deux cents personnes handicapées par an, issues de familles pauvres, sans aucune distinction de religion ni de nationalité.

Il a été créé en 2004 en Jordanie, par l’Evêque du Vicariat latin. Il était convaincu -je cite- « que le seul vrai dialogue est celui de la charité. Pas celui des discussions interminables, mais celui qui agit. » Le Père Shawki, directeur du Centre explique : « Ici, les personnes ont une grande responsabilité, celle de porter haut les couleurs des valeurs de la Foi musulmane et de la Foi chrétienne, en actes, à travers le service ».

Le théologien Christian Salenson s’est penché sur l’expérience des communautés de l’Arche où cohabitent diverses traditions religieuses. Il écrit: « Avant de dire les différences, il convient toujours de dire ce qui unit les croyants des différentes religions. L’unité est toujours première par rapport à toutes les différences. » Un peu plus loin il ajoute : « Juifs, chrétiens, musulmans confessent que Dieu est miséricordieux. L’expérience de la Miséricorde est vécue et reçue dans des traditions différentes, dans lesquelles elle s’exprime différemment… Unique est la Miséricorde divine, diverse est sa lecture. Cette manière d’être nous conduit à la même table de la fraternité vécue ».

Notre dame de la Paix en Jordanie, comme les communautés de l’Arche dans le monde, sont des expériences de Miséricorde qui conduisent à la même table de la fraternité vécue. Les personnes handicapées font découvrir une humanité commune qui unit. Alors, comme dit Christian Salenson, chacun peut relire cette expérience commune dans sa propre tradition et en dire une parole originale. Il y a là une réelle source d’espérance pour notre monde divisé : la rencontre avec les plus fragiles est le chemin pour vivre une véritable unité respectueuse des différences de chacun.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame