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Chronique Radio

Il n’y a plus rien à faire

Faii Ong est asiatique. Il a suivi des études de médecine à Londres. Il fait alors un stage dans un hôpital. Il observe une vieille femme de 103 ans, atteinte de la maladie de Parkinson. Elle souffre de tels tremblements qu’elle n’arrive pas à manger, au point d’en faire tomber son assiette. Faii Ong ramasse l’assiette, essuie le sol, et demande aux aides-soignantes qu’est-ce qu’il peut faire pour aider cette pauvre dame. La réponse fuse : « Il n’y a plus rien à faire !».

 Faii Ong ne se soumet pas à ce constat d’échec. Pendant trois ans, avec une équipe de chercheurs, il travaille pour trouver une réponse, même partielle, qui puisse soulager ces patients. Il vient de créer une sorte de gant électronique qui stabilise la main. Avec ce gant, la vieille femme aurait pu manger sa soupe. 

« Il n’y a plus rien à faire ». C’est cette même phrase couperet qu’avait entendu des parents peu après la naissance de Loïc, leur fils lourdement handicapé. Le médecin d’alors avait ajouté : « Placez-le, ayez d’autres enfants, vous l’oublierez ». Lorsque ces parents abasourdis par la violence de ce diagnostic et de ce conseil s’en étaient ouverts à Marie-Hélène Mathieu, fondatrice de l’OCH, elle leur a répondu de sa voix douce et ferme : « il y a toujours quelque chose à faire ». Et Marie-Hélène Mathieu de lutter pour que de moins en moins de parents ne se trouvent désemparés devant le handicap.

Oui, il y a toujours quelque chose à faire, par la science, par le cœur, mais aussi par notre regard ! Lors de la dernière journée mondiale des malades à Lourdes, Monseigneur d’Ornellas, Archevêque de Rennes, a fait mémoire d’une aide-soignante qui l’avait beaucoup touché. Ils étaient tous deux en silence dans la chambre d’une vieille femme qui vivait ses dernières heures. Au bout d’un long moment à contempler ce vieux corps ridé, l’aide-soignante murmure : « qu’elle est belle ! ». 

Si Jésus nous dit « j’étais malade et vous m’avez visité », c’est qu’Il est ce malade, Lui qui est mort et ressuscité par amour pour nous. Vivre le mystère pascal, c’est reconnaitre la vie au cœur même de l’extrême fragilité de la personne. La contempler et dire comme cette aide-soignante « qu’elle est belle ! »

Philippe de Lachapelle, sur Radio Notre Dame