Unis à la divinité de Jésus

© Gaspard entre Terre et Ciel

Unis à la divinité de Jésus

C’était début 2017, il y a environ un an. Gaspard a trois ans et souffre d’une maladie dégénérative incurable qui l’emporte peu à peu. Benoit et Marie-Axelle, ses parents, veillent sur lui avec tendresse, recueillant toutes les parcelles de vie que Gaspard donne jour après jour, alors même que la vie le quitte peu à peu. « Durant ces trois années de maladie, j’ai appris à dire au revoir à ses rires, car un jour il ne riait plus, à ses sourires, car un jour il ne souriait plus, à ses regards, car un jour il ne voyait plus » témoigne Marie-Axelle.

Benoit, son papa, se souvient de ce jour où le prêtre est venu au chevet de Gaspard pour lui donner la communion pour la première fois, quelques semaines avant son décès. Gaspard est allongé, sans aucune capacité physique, ses muscles ont cessé de répondre. Sa bouche est entrouverte, laissant apparaitre le bout de sa langue qu’il ne peut plus bouger. Au moment de la communion, le prêtre s’approche, découpe une minuscule parcelle d’hostie consacrée, et la dépose délicatement sur le bout de la langue de Gaspard, qui ne peut déglutir. Et Benoit de constater que peu à peu, la minuscule parcelle d’hostie fond sur la langue de l’enfant, jusqu’à disparaitre totalement : « J’ai compris à ce moment que Jésus et Gaspard ne faisaient plus qu’un » témoigne Benoit.

Ce que Gaspard a rendu visible dans son extrême vulnérabilité, c’est que l’infiniment grand, Dieu tout puissant, se donne dans l’infiniment petit. Qu’y a-t-il de plus petit que cette parcelle microscopique de pain ? Dieu est là, entièrement là ! Qu’y a-t-il de plus petit que Gaspard au bout de sa vie, qui n’a même plus la force de rentrer sa langue ? Dieu est là, tellement là qu’ils ne faisaient plus qu’un.

« Comme cette eau se mêle au vin, puissions-nous être unis à ta divinité, toi qui a pris notre humanité ». Ce sont les mots que le célébrant prononce à chaque Eucharistie, avant la consécration. Jésus a pris l’humanité de Gaspard pour l’unir à sa divinité. C’est ce même mystère qu’il nous est donné de vivre à chaque fois que nous nous approchons de la table eucharistique. Dieu, infiniment grand, prend notre pauvre humanité et nous unit à sa divinité. Et souvent, nous avons besoin de personnes comme Gaspard pour nous aider à en prendre un tout petit peu la mesure.

Philippe de Lachapelle, sur Radio Notre Dame

Gaspard entre terre et ciel