Sortir de la stigmatisation des personnes maladies psychiques

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Sortir de la stigmatisation des personnes maladies psychiques

"Comment la société les gère, les barjots, les schizos et les autres ?". Ce titre à la une d’un quotidien il y a quelques semaines a provoqué de nombreuses réactions de la part des personnes malades psychiques, de leur entourage. De fait, ce titre est particulièrement offensant pour ceux qui vivent une maladie psychique, qui se voient ainsi insultés et stigmatisés.

L’écume de cette transgression médiatique est retombée, mais ce n’est pas pour autant que nous sommes débarrassés de ces clichés concernant les personnes atteintes de troubles psychiques. Notamment celui-ci : la maladie mentale se situe uniquement dans la tête du malade, donc elle n’existe pas réellement. Comme si c’était un peu de leur faute.

Alors, il peut être bon de rappeler des choses simples concernant les maladies mentales. Ce sont de réelles pathologies, parmi les plus fréquentes, derrière les cancers et les maladies cardio-vasculaires. Elles regroupent une grande diversité de troubles psychiques, troubles d’anxiété, affectifs, obsessionnels, schizophrénie, bipolarité, dépression, anorexie, et d’autres encore. Elles constitueront la première cause de handicap dans le monde d’ici 2020. Déjà aujourd’hui, elles représentent le principal motif d’invalidité et d’arrêt maladie de longue durée.

Il importe de développer les accompagnements sur tous les plans, car les maladies mentales engendrent l’exclusion sociale. Isolement, perte d’emploi, les personnes concernées peuvent tomber dans la précarité extrême – beaucoup de personnes de la rue souffrent de troubles psychiques sévères. Même les patients stabilisés peinent à se réinsérer et à trouver du travail.

Diagnostics précoces, recherche médicale, fluidité des accompagnements sont des priorités absolues, ainsi que développer le lien social qui joue un rôle capital. Des associations de personnes malades psychiques agissent en ce sens. Elles comblent le vide entre le suivi médical et le retour à la vie active. L’OCH agit auprès d’elles pour redonner aux personnes fragilisées par la maladie mentale pouvoir d’agir, autonomie, et surtout des amis. « Là où il y a un ami, il y a un chemin » aime-t-on dire à l’OCH. C’est vrai pour chacun d’entre nous. C’est encore plus vrai quand nous sommes atteints d’une maladie psychique.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame