Le mystère de la souffrance

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Le mystère de la souffrance

"Sans les malades, l’humanité ne serait plus à l’image du Christ. Que serait le Christ sans les stigmates ? Il doit bien y avoir quelques malades pour représenter cette part de souffrance de Dieu, et nous ne sommes que son reflet". Jeanne Pelat a 20 ans, qui prononce de son fauteuil roulant ces mots étonnants, dans une conférence à Lourdes le 14 août dernier.

Elle est atteinte de myopathie, qui la rend dépendante. Elle souffre aussi de nombreuses autres maladies, qui ont nécessité soins, hospitalisations, opérations… La maladie, la souffrance, la douleur, elle connait, qui lui donnent autorité pour en parler, mais pas pour les magnifier. « Il ne faut pas tomber dans le dolorisme, -dit-elle-, parce que la douleur en soi, n’a aucun sens, mais il faut apprendre à faire quelque chose de sa douleur ».

Et elle, c’est dans son amitié indéfectible avec Jésus qu’elle a trouvé le chemin pour grandir dans les épreuves qu’elle vit. Elle puise dans la contemplation du Christ en agonie la force du double mouvement : celui d’accueillir sa peur devant la souffrance – « que cette coupe passe loin de moi » – et celui du consentement confiant – « que ta volonté soit faite, pas la mienne »

Jeanne aussi, a des moments de découragement, où elle se sent à bout, incapable de garder cette confiance en Dieu. Mais elle sait par expérience que c’est toujours en se tournant vers Jésus souffrant sa passion, qu’elle trouvera la force de traverser l’épreuve. « On ne comprend le sens de la souffrance qu’à travers la souffrance de Dieu fait homme » a dit le Pape François.

Jeanne aime tant la vie qu’elle n’en voudrait pas d’une autre. Elle qui a côtoyé la mort plus d’une fois, a une certitude chevillée à son corps malade : « A la fin de notre vie, le Christ nous attend, qui se réserve jalousement notre guérison ». Cette jalousie de Dieu à son endroit, cette confiance en une vie pleine et entière à ses côtés, l’emplissent d’une joie contagieuse.

On trouve chez Jeanne Pelat un peu de ce que vivait Marthe Robin. Sa vie était un hymne à la joie alors même que son existence était enveloppée d'épreuves et de souffrances. Marthe a pu dire : « Je suis à Toi, Jésus, dans la Croix et la joie ». Des mots que Jeanne pourrait faire siens.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame