A Bras Ouverts, voyage en humanité

© DR

A Bras Ouverts, voyage en humanité

"Je vais découvrir que pour ce garçonnet emmuré dans un handicap si lourd, tous les sentiments, toutes les émotions et toutes les pensées demeurent possibles.Ces mots sont tirés du dernier livre de Tugdual Derville, aux éditions de l’Emmanuel, « L’aventure A Bras Ouverts ». Il décrit ainsi sa rencontre avec Cédric à Lourdes, en 1982. « Dès le début de l’amitié qui nait ce jour là, une joie nouvelle m’illumine, qui bouleversera le cours de ma vie ».

Car cette rencontre conduira Tugdual Derville à fonder l’association A Bras Ouverts en 1986. Son but ? Offrir aux jeunes porteurs d’un handicap un moment hors de leur famille ou une occasion de sortir de leur institution pour vivre ensemble des moments d’amitié à l’image de Cédric et Tugdual. Depuis l'origine, quelque quinze mille accompagnateurs ont participé à des week-end ou des vacances, faisant l'expérience, au-delà des souffrances, de la joie, de l'amitié, et de la spiritualité du pauvre inspirée de Jean Vanier.

« Ce handicap, qui est si souvent cause d'enfermement et d'exclusion, devient source de liens nouveaux, de rencontres improbables », écrit Tugdual Derville.

« Je finis par me demander si l’association n’existe pas tout autant pour les accompagnateurs que pour ceux qu’ils sont venus aider Alors que dans le monde, nous sommes souvent englués dans une course à la performance, à la réussite, à la séduction, nous voilà soudain ralentis, adoucis, dépouillés, humanisés ».

Le développement rapide d’A Bras Ouverts, à Paris d’abord, puis en plusieurs villes de France n’a pas été un long fleuve tranquille, émaillé d’épisodes heureux certes, mais d’autres dramatiques. A plusieurs reprises, Tugdual ira trouver auprès de Marie-Hélène Mathieu, la fondatrice de l’OCH, des conseils pour accompagner cette croissance, et consolider les fondements anthropologiques et spirituels du mouvement.

C’est bien dans « un voyage en humanité » que nous emmène Tugdual Derville, dans cette histoire de rencontres et d’amitiés que permet A Bras Ouverts. Savoir que tous les ans, des centaines de nouveaux jeunes s’engagent dans cette aventure nous donne à espérer que ces jeunes, demain, sauront bâtir un monde plus humain avec les plus fragiles.

Philippe de Lachapelle sur Radio Notre Dame.