Sortir de l’autisme ?

© Amélie-Benoist / BSIP

Sortir de l’autisme ?

"Peut-on sortir de l’autisme ? " C’est par cette question presque provocante que la revue Ombres et Lumière a été chercher des témoignages de parents, et de professionnels spécialisés. Provocante, car on le sait, une personne autiste le reste toute sa vie : c’est un fonctionnement cérébral particulier, dû à un trouble du développement du cerveau. Mais ce dossier passionnant d’Ombres et Lumière nous révèle qu’on a aujourd’hui les moyens d’aider la personne autiste pour que son comportement et sa vie soient moins affectés par son autisme.

La pédopsychiatre Frédérique Bonnet-Brilhaut nous apprend que 20% des enfants vont ainsi avoir une évolution si positive que devenus adultes, leur comportement ne manifeste pas l’autisme dont ils sont atteints. « Un certain nombre de mes patients sont aujourd’hui en BTS. Si je ne les avais pas connus enfants, je ne me douterais pas du niveau de handicap qu’ils avaient dans l’enfance. C’est un facteur d’espoir » mais elle s’empresse d’ajouter que ce n’est pas la règle, selon les formes d’autismes et les troubles associés. « Mais on garde toujours comme objectif de faciliter la trajectoire de développement de l’enfant et d’améliorer sa qualité de vie ».

Diagnostics précoce, évaluations très individualisées, diversité des méthodes et des programmes qui s’ajustent à la particularité de l’enfant, classes adaptées, autant de facteurs qui participent de cette évolution positive. Il n’en reste pas moins que le fardeau peut être lourd pour les parents, en temps, comme en argent, tant la France a pris du retard en matière de prise en charge des personnes autistes et de leurs familles. On connaît le scandale de ces centaines de personnes autistes en Belgique, faute de place en France.

Il y a aussi un point sur lequel on a encore beaucoup à progresser, c’est notre regard, comme en témoigne Claire, autiste asperger: « Je suis sortie de mon autisme car à une époque noire, j’ai trouvé Dieu. Il exauce mes prières et met sur mon chemin des personnes capables de casser mon isolement forcé… Elles me voient comme quelqu’un de normal et unique qui sort « juste un peu beaucoup » de l’ordinaire ». Et Claire d’ajouter : « C’est à vous de nous donner une chance en acceptant et en vous adaptant à notre fonctionnement différent ». Et si nous étions chacun cette personne que Dieu met sur le chemin de Claire et d’autres ? Ca semble assez simple, à l’écouter.

Philippe de Lachapelle, sur Radio Notre Dame